Personne ne m’aurait cru,alors je me suis tu

Il aura fallu 40 ans à Sam Braun pour témoigner. Une traversée du silence précieuse pour sortir d’Auschwitz et revenir à la vie, mais un silence assourdissant, hanté par la permanence du passé car pas un jour se passe sans qu’il « revive » Auschwitz. Même si de l’extérieur rien ne parait, ses souvenirs, lovés dans un coin de sa mémoire, ne sont jamais bien loin puisqu’il suffit de peu de chose pour les faire resurgir : une image, un bruit, une odeur et ils arrivent en foule dans une bousculade infernale laissant toujours les plus cruels prendre les premières places. Face à nous un survivant de la Shoah, un rescapé des camps de concentration et d’extermination, un des rares témoins de la « Marche de la Mort ».

Photo spectacle  Sam Braun- Libre de droitsFace à nous, ces contemporains et les nouvelles générations, à la barre du tribunal de l’Histoire, cet homme, ce témoin -au sens littéral du terme-( personne pouvant attester d’un fait en vertu d’une connaissance directe), parle, évoque, transmet, au nom de tous ces êtres aux regards hébétés (hommes, femmes, enfants) devenus au fil des jours par le froid, la faim, les coups, la peur… des humains, non-humains, de simples objets qui, faute d’utilité évidente, deviennent des objets encombrants, qui sont jetés, qui sont brûlés.

La mise en scène s’appuiera sur la puissance du témoignage invoqué, de la présence solitaire de l’acteur, fractionnée uniquement par des séquences vidéos d’archives, de quelques vagues de musique échappées d’un violon ou d’un accordéon comme des lames de fond titanesques de l’esprit, de la culture, de la beauté partant à l’assaut de la barbarie humaine.

Sur la scène vide, un rocher, une tombe, une bougie, des images et le témoignage d’un homme qui nous rappelle que dès qu’on touche à la dignité d’un homme, on saccage l’humanité tout entière, notre humanité.Patrick Olivier
« Le respect de la dignité de l’autre me semble être le ciment indispensable d’une humanité enfin vivable. L’éducation comme prise de conscience de l’autre avec sa valeur et sa différence peut transformer les hommes. Son rôle est fondamental. C’est le pari humaniste que je fais. » Sam Braun
« La Shoah appartient au passé mais elle est aussi le fondement toujours présent de nos interrogations contemporaines : ces années si lointaines et si proches jettent une ombre incontournable sur notre modernité. Face au cynisme et au vide, l’humanisme proposé et incarné par Sam Braun parie sur l’intelligence des hommes et sur leur éducation possible. Il interroge la « banalité du mal » et le parcours des Justes pour réaffirmer la confiance en l’humanité. Après et malgré Auschwitz. » Stéphane Guinoiseau

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