mise en scène et interprétation Tony Harrisson
Musique Guitoti
d’après l’adaptation théâtrale de « Si c’est un homme » de Primo Levi et Pieralberto Marche

« Ici il n’y a pas de pourquoi ! » est le témoignage poignant d’un homme arrêté par les forces du mal et qui va être incarcéré dans un camp. Après avoir été rasé, tatoué, dépouillé de tout ce qui fait du lui un homme, il apprend les codes du camp qui imprègnent toutes ses activités. Malgré la souffrance, le travail forcé, les coups, le froid et la faim omniprésente, son seul but est de tenir jusqu’au printemps.
A travers son témoignage, il nous interroge sur la déshumanisation et la haine de l’autre.

La nécessité de jouer « Ici il n’y a pas de pourquoi ! » au théâtre à notre époque est essentielle, civique et humaniste. Nous avons choisi l’adaptation théâtrale « Si c’est un homme » de Primo Levi et Pieralberto Marche, car nous pensons que c’est un texte universel dans lequel tout le monde peut se retrouver.
Nous avons voulu réadapter cette œuvre, afin de traiter de la déshumanisation d’un homme, auquel on a retiré son identité en l’asservissant dans la plus grande injustice. Le témoignage de cet homme débute par son arrestation et se termine à sa libération. Cette période s’étale sur deux années. Deux années dont il n’oubliera pas les moindres détails, mêmes les plus insolites. A travers le récit de cet homme, nous avons faim, nous avons froid, nous avons peur, nous souffrons, nous compatissons, et surtout, nous nous insurgeons contre la monstruosité dont sont capables les êtres humains. La difficulté de notre travail réside dans le fait de suggérer la guerre, les camps d’extermination, l’esclavage de l’homme, la mort, l’ignominie, sans pour autant citer les faits historiques de la Seconde Guerre mondiale et de l’holocauste. Sans y mettre de mots allemands, sans y prononcer le mot Shoah, sans dates, sans y laisser le mot Juif. Nous avons voulu rassembler en une voix unique, celle d’un homme, toutes les voix de ceux ayant pu vivre les mêmes souffrances, la même injustice, via le témoignage, partout dans le monde, à n’importe quelle époque. La nécessité de jouer Ici il n’y a pas de pourquoi ! au théâtre à notre époque est essentielle, civique et humaniste. C’est pour cela que la construction théâtrale de notre travail réside principalement dans le destin, le parcours d’un homme et sa descente aux enfers. Il devient le parangon de chaque être humain souffrant. Afin de sensibiliser tous les publics, et plus particulièrement un public jeune qui aujourd’hui est plongé dans les amalgames communautaristes et de désinformation, nous avons pris cette initiative afin de les sensibiliser à la question de l’antisémitisme, du racisme et des conséquences de la xénophobie. Jusqu’où peut aller la cruauté et la haine de l’autre ? Lequel n’est plus un homme ? Celui qui est rendu à l’état de bête de somme, humilié, écrasé, dominé, persécuté ? Ou celui qui a complètement oublié sa part d’humanité, de fraternité, de solidarité, qui ne connaît plus le sens des mots « respect, amour, compassion, pitié » ? Que reste t’il de l’homme dans une telle situation ? Pour ne pas oublier, il s’agit alors de dire l’innommable, de parler de l’inacceptable, de partager l’horreur, en espérant que jamais elle ne se reproduise. Nous voulons partager avec le plus grand nombre ce spectacle, afin de montrer que le plus grand bouclier contre la haine et la cruauté est la tolérance, la compréhension de l’autre, le non oubli de l’Histoire de l’Homme.
Prétexte à l’échange et au débat avec la jeunesse, cette création a pour vocation d’être montrée à un large public, jeune, sur et hors temps scolaire ; il est pour nous inconcevable que la diffusion du spectacle soit déconnectée d’une action de sensibilisation. Nous prévoyons par conséquent des rencontres avec les classes qui viendront assister à la représentation. Sous la forme d’un échange entre l’équipe artistique, les enseignants et les élèves, ces temps de dialogue ouvert et libre pourront se tenir dans les classes ou à l’issue de la représentation, en bord plateau. Il nous semble essentiel que les enseignants soient impliqués dans la préparation, et s’en saisissent avec notre concours, comme d’un outil pédagogique à exploiter en classe. Ce spectacle est tout public.

Tony HarrissonCécilia Mazur (Adaptatrice)Musicien Guitoti
Acteur, auteur et réalisateur français, il a notamment joué dans des films comme La Squale pour lequel il a obtenu le prix d’interprétation du meilleur espoir au Festival de Paris en 2001. Il a été à l’affiche de films tels que Dans tes rêves, Orpailleurs, La Mer à boire, Jungle Jihad, Mon Amie Victoria, Fièvres ou encore plus récemment 24 jours. Au théâtre, on a pu le voir dans des pièces telles que Le Costume ou encore Tiemo Bokar, mise en scène de Peter Brook, ou encore en 2012 dans Bug, mise en scène par Philippe Adrien au théâtre de La Tempête. Il intègre la compagnie Irina Brook en 2009 avec les spectacles Une Odyssée puis par la suite Tempête. Il travaille souvent pour des productions allemandes qui diffusent des fictions sur la ZDF ou ARD. Il a également co-écrit et mis en scène la pièce Drôles de menteurs pour le théâtre du Gymnase et les courts-métrages A la vie, à la mort, Brouillard, l’Etoile et la lune ainsi que les épisodes de Mythol avec Cécilia Mazur. Il a de même écrit des chansons pour le cinéma et la télévision depuis la création de son premier groupe musical Tony et les Cyclopes ; son livre Entre nous est son premier essai en littérature.
Professeure agrégée de Lettres Modernes et professeure de théâtre, Cécilia Mazur débute en tant que comédienne dans différents ateliers Théâtre et enseigne le théâtre en relation avec divers comédiens. Sa passion grandissante, elle quitte Strasbourg et s’installe à Paris. Après avoir été modèle, elle développe ses activités en mettant en place des ateliers Théâtre ainsi qu’une classe à horaires aménagés en partenariat avec l’Odéon – Théâtre de l’Europe. Son travail avec les élèves est primé dans un docu-fiction Clichy Kids.
Ce projet, établi sur quatre ans, est suivi par le jeune réalisateur Antoine Fromental. Cécilia Mazur est auteur de deux recueils de poèmes Déflagration et Ennuis. Elle a écrit un court métrage Tunnel qui relate le cauchemar d’une jeune femme séquestrée par son psychologue. Lettre ouverte à l’homme que j’aime est le dernier recueil de nouvelles sur lequel elle travaille. Elle a également co-écrit le scénario de Brouillard, la pièce Drôles de menteurs et les épisodes de Réplique ! avec Tony Harrisson ; elle travaille avec lui sur l’écriture d’un long métrage, Aveugle, traitant de la cécité.
En tant que percussionniste, Guitoti a collaboré avec un grand nombre de formations instrumentales telles que des ensembles de percussions et de guitares, des orchestres harmoniques et symphoniques 3ème cycle, un Big Band Junior ainsi qu’avec l’Orchestre Philharmonique du COGE (Cœurs et Orchestres des Grandes Ecoles) de 2006 à 2014. Ces collaborations lui ont permis de jouer dans des lieux prestigieux tels que la salle Olivier Messiaen à la Maison de Radio France et à la salle Pleyel.
Il continue à approfondir ses connaissances et s’ouvre à d’autres pratiques telles que la formation en direction d’orchestre dans la classe du maître Jean-Sébastien Béreau au CRR de Lille. Souhaitant découvrir l’univers des percussions au delà de la formation classique, Guitoti s’est intéressé très tôt aux percussions du monde, de l’Amérique du Sud à l’Afrique en passant par le bassin méditerranéen. En 2010 il découvre le Hang et rejoint la communauté des joueurs de handpan début 2013.

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