Le Mémorial de l’internement et de la déportation – Camp de Royallieu » de Compiègne présente du 11 juin au 21 novembre 2016, l’ex¬position temporaire « A notre porte … la misère »

Depuis sept années, je photographie ces personnes qui vivent, à côté de nous, sur les bancs ou à même le sol des rues parisiennes.
J’ai pris ces photographies à Paris mais elles auraient pu être prises dans n’importe quelle ville. Elles reflètent une triste réalité : celle de l’exclusion sociale.
Les hommes et les femmes, que j’ai photographiés ici, évoluent dans nos villes au sein de notre société et pourtant ils en sont exclus ! Ils sont présents du matin jusqu’au soir, dans les rues, les parcs ou dans des abris de fortune et pourtant nous les regardons à peine car ils sont devenus, à nos yeux habitués, des éléments de notre environnement quotidien.
J’ai longtemps travaillé sur la déportation, particulièrement sur le camp d’Auschwitz, et j’ai décidé de m’engager sur cette nouvelle forme d’oubli. Je vous invite par ces photographies à voir…ce que l’on ne voit plus car je souhaite à tous de ne pas oublier qu’ils ne sont pas que des personnes sans domicile fixe, qu’ils sont simplement des êtres humains. Ne pas oublier que toutes ces personnes, comme avant eux les internés et déportés à qui il a été nié toute identité en leur apposant un numéro de matricule, ont une identité ! Ils ont un nom, un prénom, une famille, une histoire et que leur histoire pourrait être la nôtre. »

François WEHRBACH